Parole de partenaire : la PFA & le projet FOREP-Vé2030 pour construire les formations de la mobilité électrique
L’industrie automobile se transforme, les compétences aussi. Caroline Cohen, de la Plateforme Automobile (PFA), nous partage sa vision des enjeux à venir et du rôle de FOREP-Vé2030 dans cette interview-portrait.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a menée à ton poste à la PFA ?

C.C. : Mon parcours s’est construit autour d’une même ambition : accompagner les transformations des filières industrielles par les compétences.
Avant de rejoindre la PFA, j’ai travaillé au sein d’organisations professionnelles et paritaires de la filière agroalimentaire, puis au ministère du Travail, sur des sujets liés à l’emploi, à la formation et au dialogue social.
J’ai rejoint la PFA pour contribuer à un défi majeur : accompagner la transformation de l’industrie automobile en anticipant les compétences de demain. Ce qui me motive au quotidien, c’est de rassembler les écosystèmes nationaux et régionaux et de faire travailler ensemble les entreprises, les établissements de formation, les partenaires sociaux, les Régions et les pouvoirs publics afin de construire les formations qui répondront aux besoins de l’industrie de demain.
Quelle est la stratégie de la PFA en matière de compétences et quel rôle joues-tu dans la co-construction du projet FOREP-Vé2030 ?
C.C. : La stratégie de la PFA est d’anticiper les besoins en compétences liés aux grandes transformations de l’industrie automobile afin d’adapter les formations initiales et continues avant que les tensions sur les recrutements n’apparaissent, tout en accompagnant les reconversions professionnelles. Notre rôle est de faire le lien entre les entreprises, les acteurs de la formation, les territoires et les pouvoirs publics pour construire une réponse collective aux enjeux de la filière.
Le projet FOREP-Vé2030 s’inscrit pleinement dans cette démarche. L’électronique de puissance est aujourd’hui une technologie stratégique pour l’électrification des véhicules et un levier majeur de la décarbonation de la mobilité. Il nous a donc semblé naturel de confier le portage opérationnel de ce projet national à un acteur reconnu de notre écosystème, le Campus des Métiers et des Qualifications CEINIM, afin de mobiliser pleinement les expertises du monde de la formation.
Pour construire ce projet, la PFA a piloté une étude prospective associant les industriels de l’automobile et de l’électronique, l’État et les partenaires sociaux dans le cadre de l’Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences (EDEC Automobile). Cette étude visait à anticiper, à l’horizon 2030-2035, l’évolution des métiers, les besoins en recrutement et en reconversion, ainsi que les compétences qui devront être développées pour accompagner la transformation de la filière.
Ce diagnostic partagé a constitué le socle du projet FOREP-Vé2030. Il a permis aux membres du consortium de co-construire un programme d’actions concret afin de faire évoluer les formations, développer les compétences attendues par les entreprises et préparer les talents dont la filière aura besoin dans les années à venir.
Quelles sont les actions phares que la PFA mène aujourd’hui en lien avec FOREP-Vé2030 et l’électronique de puissance ?

C.C. : Dans le cadre de FOREP-Vé2030, la PFA coordonne le collectif des industriels afin de s’assurer que les actions menées répondent pleinement aux besoins économiques des entreprises et aux évolutions des métiers. Notre rôle est de faire converger les attentes des entreprises, des établissements de formation et des partenaires du projet pour construire des solutions concrètes.
La PFA agit également pour renforcer l’attractivité des métiers de l’automobile et des formations qui y conduisent. C’est notamment le cas à travers « La Fabrique de l’Innovation » exposée au Mondial de l’Auto. Le salon se déroulera à Paris, Porte de Versailles du 12 au 18 octobre prochains. Cet espace permettra aux visiteurs, et en particulier aux jeunes, de découvrir les métiers liés aux grandes transformations de la filière, notamment ceux de la chaîne de traction électrique, dont l’électronique de puissance constitue un maillon essentiel.
Cet enjeu est d’autant plus important que ces technologies restent largement méconnues : une enquête nationale menée en 2023 révélait que seulement 2 % des jeunes savaient ce qu’était l’électronique de puissance. Faire connaître ces métiers est donc indispensable pour susciter des vocations et répondre aux besoins futurs des entreprises.


Pourquoi la collaboration avec les industriels est-elle indispensable pour construire les formations de demain ?
C.C. : Les industriels sont les premiers à faire évoluer les technologies et les métiers. Leur implication est donc indispensable pour anticiper les compétences de demain et construire des formations en phase avec les besoins réels des entreprises.
Cette co-construction permet à la fois d’offrir de réels débouchés aux jeunes qui se forment aujourd’hui et d’accompagner la montée en compétences ou la reconversion des salariés déjà en poste. La PFA joue un rôle de trait d’union entre le monde économique et le monde de la formation afin d’anticiper les besoins en compétences de la filière.
Il reste à se donner rendez -vous au Mondial de l’Auto 2026 !
